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Le défenseur adresse une lettre ouverte urgente à l’Assemblée législative au sujet du programme des Services d’engagement jeunesse

  • il y a 3 jours
  • 4 min de lecture

Le défenseur du Nouveau-Brunswick, Kelly Lamrock, a adressé une lettre ouverte urgente aux membres de l’Assemblée législative pour leur faire part de ses préoccupations importantes concernant l’efficacité et la m

ise en œuvre du programme provincial des Services d’engagement jeunesse (SEJ) relevant du ministère du Développement social.


Le programme SEJ s’adresse aux adolescents âgés de 16 à 18 ans qui ne sont pas sous la tutelle du ministre, mais qui ne peuvent pas vivre en sécurité avec leurs parents ou qui ont un enfant. Le programme SEJ est censé les mettre en relation avec des services et un soutien destiné à les aider à acquérir des compétences de vie et à assurer leur bien-être. C’est grâce à ce programme que les adolescents plus âgés ont accès à la formation professionnelle, au soutien scolaire, au soutien en santé mentale, à des services de conseil en matière de toxicomanie et à d’autres programmes qui réduisent leurs risques de chômage, d’itinérance, de dépendance, et d’implication dans le système judiciaire plus tard.


Lorsque l’Assemblée législative a adopté la Loi sur le bien-être des enfants et des jeunes en 2022, les députés ont été informés que l’amélioration de ces services de transition vers l’âge adulte constituait un objectif clé de la nouvelle loi. Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a déclaré que la réduction du nombre de jeunes qui ne suivent ni études, ni formation, ni emploi était une priorité.


Le défenseur met en garde contre le fait que la structure défaillante du ministère du Développement social, les obstacles inutiles pour accéder au programme SEJ et les prises de décisions discutables empêchent les jeunes vulnérables d’obtenir de l’aide en temps opportun. Dans sa lettre, Lamrock cite trois exemples de décisions refusant aux jeunes l’accès au programme SEJ, notamment :


  • une adolescente enceinte et obligée d’attendre plus de six mois dans un refuge pour sans-abri en raison de règles d’admission et de demande d’inscription au programme inutiles et sans fondement juridique,

  • un adolescent qui a demandé de l’aide alors qu’il se remettait d’une overdose à l’hôpital et qui s’est vu refuser cette aide parce qu’il était en situation d’itinérance et n’avait pas de domicile que le Ministère pouvait évaluer,

  • une adolescente a qui l’on a refusé de l’aide et à qui on a demandé de retourner vivre dans un logement où vivait un adulte faisant l’objet d’accusations d’agression sexuelle.


M. Lamrock confirme que son bureau reçoit des plaintes répétées concernant des jeunes dans le besoin à qui les services du programme SEJ ont été refusés, et qu’il en est arrivé à un point où il doit en informer les députés élus.


« En tant qu’agent législatif, mon travail consiste à signaler aux députés élus lorsque l’administration ne respecte pas leurs directives concernant la manière dont les enfants sont traités. La façon dont le ministère du Développement social gère le programme SEJ ne correspond pas à ce qu’il avait promis aux députés, elle ne correspond pas aux objectifs déclarés du gouvernement, et elle ne correspond pas aux standards qu’aurait toute personne dotée de bon sens et d’empathie. »

Dans sa lettre, le défenseur avertit que le programme ne fonctionne pas comme prévu, et qu’il fonctionne à peine.

« Aujourd'hui, je vous informe que le traitement réservé aux adolescents vulnérables par certains bureaux régionaux du ministère du Développement social est loin d'être acceptable. C'est le cas depuis longtemps. »

 

Le défenseur exprime également son inquiétude quant aux conséquences plus larges pour les jeunes qui ne parviennent pas à accéder à ces services.


«  Il est alarmant de penser aux cas que j’ignore, ceux où les jeunes se font tout simplement refouler et sombrent discrètement dans la pauvreté. »

 

Sur la base de ses analyses, Lamrock fait état de problèmes persistants, notamment :


  • des retards de plusieurs mois dans l’évaluation des demandes SEJ alors que les jeunes demeurent en situation de crise,

  • des responsables injoignables lorsque les adolescents cherchent à obtenir des informations ou du soutien,

  • des jeunes qui atteignent l’âge limite d’éligibilité avant que les décisions ne soient prises en raison des retards de traitement,

  • des critères de décision incohérents ou flous d’une région à l’autre,

  • des obstacles bureaucratiques inutiles qui découragent les jeunes de demander de l’aide,

  • un manque de communication constructive pendant le traitement des demandes,

  • le fait que l’itinérance ne soit pas systématiquement considérée comme un facteur de risque urgent,

  • des cas où les demandes sont rejetées sans vérification adéquate des faits ni raisons claires,

  • des cas où il est exigé des adolescents qu’ils renouvellent leur demande sans raison valable.

« Si nous voulons que davantage de jeunes adultes poursuivent des études, une formation ou exercent un emploi, et si nous tenons vraiment à réduire le nombre de personnes vivant dans la rue, nous nous attendons alors à ce que le ministère du Développement social tente d’être plus actif et intègre davantage d’adolescents à risque dans le programme SEJ, leur fournisse des mentors, des formations et un soutien en matière de santé. Au lieu de cela, le Ministère met pratiquement des bâtons dans les roues aux jeunes qui ont déjà toutes les raisons de se méfier des adultes. J’espère que les élus feront clairement part de leurs attentes à l’administration et exigeront de meilleures conditions pour les jeunes qui ont besoin d’aide avant d’atteindre l’âge adulte et de se débrouiller seuls. »

Le défenseur appelle l’Assemblée législative à prendre des mesures immédiates dans trois domaines :


1. Révision indépendante du programme SEJ, y compris des critères d’éligibilité et des processus d’évaluation.

2. Mise en place d’un cadre de responsabilité axé sur les résultats pour suivre les demandes, les résultats et les performances régionales.

3. Auditions devant les commissions législatives dans un délai de 30 jours, suivies d'un examen en 2027 afin d'évaluer les progrès réalisés.

Le défenseur conclut :

« Nous ne pouvons pas continuer à tolérer un système qui refuse de venir en aide à des jeunes désespérés au lieu de chercher des moyens de les soutenir. »



 
 
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