LE DÉFENSEUR PUBLIE UN RAPPORT SUR LE DÉCÈS D’UN ENFANT LAISSÉ POUR COMPTE PAR LES SYSTÈMES CENSÉS LE PROTÉGER
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Le défenseur du Nouveau-Brunswick a publié aujourd’hui un rapport examinant la vie et le décès de « Bobby », un enfant mort d’une overdose après des années de signalements répétés adressés aux systèmes responsables de la protection des enfants vulnérables.
Le rapport conclut que la mort de Bobby aurait pu être évitée.
Au cours de la dernière année de sa vie seulement, quinze signalements préoccupants ont été rejetés par les autorités en protection de l’enfance. De multiples signalements provenant des écoles, des hôpitaux, des services policiers, de professionnels de la santé, de voisins et d’organismes communautaires faisaient état d’inquiétudes grandissantes liées notamment à la dépendance de ses parents, à l’itinérance, à l’absentéisme scolaire, à la détérioration de sa santé mentale, à de la négligence et à la propre consommation de drogues de Bobby.
Malgré ces avertissements répétés et les demandes d’aide formulées par Bobby lui-même, le système a continuellement échoué à intervenir de manière efficace.
« Ce rapport est difficile à lire parce qu’il raconte l’histoire d’un enfant qu’on a vu sombrer sous les yeux de tous », a déclaré le défenseur. « Un enfant est mort. Il est mort seul, dans l'indifférence générale. Sa mort aurait pu être évitée. Il est mort après avoir demandé de l'aide. »
Le rapport retrace la vie de Bobby depuis sa naissance jusqu’à son adolescence. Né avec des symptômes de sevrage liés à une exposition aux narcotiques, Bobby a passé les 45 premiers jours de sa vie à l’hôpital avant d’être pris en charge. Bien que certaines périodes de stabilité et de soutien aient marqué son enfance, les cycles répétés de dépendance de ses parents, d’instabilité de logement, de perturbations scolaires et d’inaction des systèmes se sont intensifiés à mesure qu’il vieillissait.
Le rapport met en lumière de graves défaillances systémiques au sein du ministère du Développement social et plus largement dans les systèmes gouvernementaux, notamment :
le rejet répété de signalements malgré l’accumulation de preuves démontrant un danger croissant,
l’incapacité à examiner les préoccupations dans leur ensemble ou à reconnaître les tendances à la détérioration,
des réponses inadéquates face aux situations d’itinérance, de dépendance et de crise en santé mentale,
des délais administratifs ayant empêché des interventions urgentes,
l’absence de soutien significatif à la transition vers l’âge adulte pour les jeunes vulnérables de plus de 16 ans,
une mauvaise coordination entre les régions et les ministères,
une culture axée sur la conformité administrative plutôt que sur les résultats pour les enfants.
Le rapport exprime une préoccupation particulière concernant le refus du Ministère de permettre à Bobby d’accéder au programme des Services d’engagement jeunesse (SEJ) après son overdose, alors qu’il demandait de l’aide tout en étant sans domicile fixe.
« Le moment où un adolescent en convalescence après une overdose se voit refuser l’accès à de l’aide parce qu’il est sans-abri devrait inquiéter chaque citoyen du Nouveau-Brunswick. Le système a considéré les critères d’admissibilité comme plus importants que le fait de sauver la vie d’un enfant. »
Le rapport formule une série de recommandations visant à réformer la protection de l’enfance, les services de transition vers l’âge adulte et les réponses gouvernementales intégrées destinées aux enfants en situation de crise. Ces recommandations comprennent notamment l’accès automatique à des services de transition pour les jeunes anciennement pris en charge, des protocoles d’intervention rapide pour les enfants âgés de 8 à 12 ans, de meilleurs mécanismes de responsabilisation, des voies d’accès accélérées aux traitements en dépendance pour les jeunes, un soutien accru aux foyers de groupe ainsi qu’une nouvelle législation sur les services intégrés entre les ministères.
Le rapport recommande également que le Bureau du défenseur soit obligatoirement informé lorsqu’un enfant lié aux systèmes gouvernementaux décède dans des circonstances impliquant une prise en charge, l’itinérance, la dépendance ou un milieu réglementé par le gouvernement.
Dans le rapport, le défenseur exhorte les fonctionnaires et les intervenants de première ligne à oser boulverser le système, à devenir des personnes prêtes à remettre en question les réponses habituelles et à intensifier les interventions lorsque les systèmes échouent à protéger les enfants.
« L’histoire de Bobby illustre avant tout ce qui se produit lorsque tout le monde suit les procédures pendant qu’un enfant passe entre les mailles du filet. Le prochain Bobby existe déjà. Quelqu’un appelle probablement les services de protection de l’enfance à son sujet en ce moment même. Allons-nous exiger de faire mieux, même si cela implique une plus grande responsabilisation des adultes et un certain bouleversement de leurs habitudes ? »
Ce rapport a été préparé à partir d’informations anonymisées afin de protéger la vie privée des personnes concernées. Les noms, lieux et autres détails susceptibles d’identifier une personne ont été modifiés, généralisés ou omis lorsque cela s’avérait nécessaire pour réduire les risques d’identification. Aucun fait substantiel n’a été modifié. Les événements décrits, leur chronologie ainsi que les enjeux de fond demeurent exacts.

